Les réalisateurs québécois trop rares sur le web

Nous notons une belle activité de nos créateurs québécois sur le web, du côté des web-tv. Plusieurs capsules de web-tv se retrouvent aussi sur les sites de partage vidéo. Ce n’est pas encore le cas de Chez Jules, d’ailleurs… peut-on y voir là une corrélation avec le fait que cette savoureuse web-série ne prenne pas un envol plus franc?

Je note une tièdeur trop marquée à mon goût de nos réalisateurs au Québec pour téléverser en masse leurs création sur le net. Frileux, les réalisateurs et réalisatrices? On peut chercher longtemps pour voir les créations de nos célébrissimes Kinoites, pourtant si productifs. C’est au compte-goutte qu’ils déversent sur le web leurs nombreuses créations, et jamais sur les sites de partage vidéo (je pleure de ne pouvoir trouver les productions des créateurs de talent Chloé Leriche, Chrisitan Laurence, Eza Paventi, Jérocho Jeudi, Ianic Mathieu!). Et où sont les innonbrables créations du wapiconi, du vidéo-paradiso? C’est bien dommage que ces réalisations soient confinées aux trop rares diffusions en festival ou même une contraignante diffusion télé. Il en va de même pour les artistes visuels ou vidéastes et autres créateurs d’art contemporain qui gagneraient énormément à diffuser largement leurs sympathiques créations vidéos (Sylvie Laliberté, Marie-Christine Fortier, collectif hors champs). Tous ces créateurs réalisent-ils le million d’Internautes qui pourrait cliquer pour voir leur vidéo, et ce à travers le monde, en tout temps? [Patrick Boivin l'a compris, et il a franchi cette barre du million de visionnement]. Nous devons constater le manque de reconnaissance du potentiel réel que représente le web et ces réseaux sociaux par les artistes au Québec.

Oui, les web-télés émergent, mais notre talent créatif pourrait prendre un essor beaucoup plus grand qu’il ne le fait actuellement. Et les web-télés ne sont pas le fruit de réalisateurs télé ou cinéma traditionnel, elles viennent de créateurs curieux d’explorer un nouveau mode de diffusion. Selon moi, il faudrait une mobilisation et une prise de conscience des cinéastes et autres réalisateurs par rapport au véritable potentiel du web et des réseaux sociaux, et une compréhension plus profonde des enjeux. Car la culture a tant à gagner de passer par le partage généralisé des créations.

La présente campagne électorale qui se termine a prouvé ici et que la création vidéo sur le web attire un large public. Reste à revoir les modèles d’affaire qui iront avec ces nouveaux mode de diffusion. Reste aussi à repenser notre démocratie. Car les réseaux sociaux sur le net sont maintenant des éléments clefs de notre société société, poussant à revoir l’économie, la culture et la politique de demain. Et d’aujourd’hui.

4 Commentaires

  1. cfd
    Soumis le 2008/10/15 à 04:12 | Permalien

    Il y a quelque chose d’un peu étrange de voir chezjules.tv la semaine dernière entendre parler d’un partenariat avec une régie publicitaire alors qu’on constate assez facilement que le trafic n’y est pas (pour l’instant, espérons le!). Ils comprendront un jour que l’avantage du web, ce n’est pas que la production démocratisée, mais aussi la possibilité d’une très large diffusion… Le modèle d’affaires ne vient qu’avec la diffusion à grande échelle, ce qu’ils associent malheureusement avec le fait de “donner” leurs oeuvres… Dommage pour eux, parce que tant qu’à pas faire d’argent, ils devraient profiter, au moins, de la large visibilité… (Le Cas Roberge a au moins réussi ça!)

  2. Soumis le 2008/10/16 à 09:08 | Permalien

    Oui la large diffusion, veut dire traffic. Traffic qui se mesure en nombre de clics, et en nombre de minutes passées à regarder un site (à la page près). Les diffuseurs s’appuient sur les BBM, mais les publicitaires ne semblent pas encore avoir bien compris en profondeur comment fonctionne le web. Comme disait Bruno Boutot [http://modadmin.com/fr], ils utilisent le web pour pousser leurs contenus, et non en les accueillant simplement comme tout bon médias social devrait le faire.

  3. Soumis le 2008/10/28 à 07:50 | Permalien

    Très bonne réflexion, je ne pense pas que la frilosité des réalisateurs québécois soit une exception, en France leurs cousins sont atteints du même symptôme! Il est rare que ces derniers aient le réflexe de diffuser leurs créations sur la toile, à quelques exceptions près bien entendu, mais souvent ces derniers sont issus de la “génération internet” comme par exemple Vincent Moon ( http://www.tv2demain.com/?p=189) ou d’autres ( http://www.tv2demain.com/?p=106 ) . Il est vrai que le premier argument généralement amené est celui du schéma économique , je peux le comprendre mais cela progresse tout doucement je le conçois mais c’est déjà bien; l’autre argument qui m’a souvent été avancé du moins en France pour justifier le fait de ne pas diffuser, est la notion de droits d’auteurs ou de diffusions ! Cela montre bien qu’il est nécessaire qu’une évolution soit également nécessaire effectivement chez les diffuseurs, les publicitaires mais également chez les artistes !

  4. Soumis le 2009/01/25 à 10:58 | Permalien

    Merci beaucoup pour le lien, Christophe. Je vais explorer ce webdoc.

    Je constate aussi que la situation française évolue lentement aussi, comme chez nous. Par ailleurs, ce sont de nouveaux artistes qui comprennent bien les tenants et aboutissants du web qui franchiront de nouvelles frontières en matière de création artistique innovatrice de vidéo pour le web. Ce ne sont pas les artistes du cinéma ou de la vidéo traditionnelle qui le feront. Cele me semble très clair.

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