Chris Jordan est un artiste qui a saisi les mécanismes d’une sensibilisation à des problèmes sociaux et environnementaux. Ses séries “Running the numbers” ou “intolerable beauty” exposent clairement l’absurdité de notre société de surconsommation. Il pose un regard poétique et critique sur la réalité crue américaine (mais qui va bien au-delà): des tonnes de déchets forment un amas dont l’existence est un non-sens. Ces images nous renvoient à notre réalité collective, qui peut sembler tolérable sous un angle individualiste. Mais ce regard global est nécessaire, et sa démarche artistique nous aide à prendre conscience de l’ampleur du désastre. Je me demande si des gens insensibles à l’environnement (il y en a, à divers niveaux) sont touchés par ce type d’images. Accolées aux saisissantes statistiques, ses images me touchent, me renversent.
426 000 téléphones cellulaires jetés chaque jour aux États-Unis seulement (source: chiffres et Photographies de Chris Jordan)
Et l’impact du travail de Chris Jordan touche aussi à des problèmes sociaux, tels la possession d’armes, la chirurgie plastique. Ici:
barbie dolls, 2008 - depicts 32,000 barbies, equal to the number of elective breast augmentation surgeries performed, monthly in the US in 2006. By photographer Chris Jordan.
Je vous invite à regarder la présentation de Chris Jordan à TED.
Le documentaire n’a ni l’éclat, ni le faste, ni la cote des films de fiction. Pour les enfants, et pour bien des adultes, ce ne sont pas de “vrais” films. Mais pourtant, les documentaires sont des outils de changement social. Les films panphlets, les films activistes et quelques documentaires populaires (Qui ne connait pas Michael Moore de nos jours?) ont amenés la société à des changements et les citoyens à des prises de concsience. Et quelques films de propagandes sont passés à l’histoire, peut importe les allégances défendues…
Donc, tout documentariste engagé réalise un projet dans l’optique de partager une vision, mais aussi avec l’espoir de contribuer à une transformation sociale, une évolution vers un peu plus de conscience. La charge est lourde si on place trop d’importance sur une seule oeuvre, mais elle devient une pierre dans la construction d’un nouveau monde, pour qui arrive s’insérer dans un mouvement global de changement social.
En tentant de faire des oeuvres documentaires sur le web, le défi est grand. Mais l’aspect interactif peut changer la donne. La perception d’une oeuvre documentaire est différente si on peut y prendre part, y contribuer directement. Mais, selon moi, l’auteur doit toujours conserver un point de vue éditorial assez fort afin d’orienter l’oeuvre et les réflexions qui viennent la nourrir. Sans empêcher la multiplicité d’opinion, mais en orientant le sujet. Le défi est de taille pour faire une oeuvre percutante, mais les outils sont existent. Pour les documentaristes, il faut éviter de tomber dans le piège d’une oeuvre linéaire et statique simplement transportée sur Internet, mais exploiter le plein potentiel des outils offerts: réseaux sociaux, outils de partage et d’échange, outils d’indexation, de géo-localisation, de sous-titrage.
J’ai vu “The Cove”. Ce documentaire activiste nous présente la bataille de Richard O’Barry, entraîneur du célèbre “Flipper”, pour démanteler la vente de viande de dauphins dans un village japonais. Le documentaire est pertinent, le sujet essentiel. Mais il amène une reflexion plus large qui dépasse le cas de ces dauphins qu’on massacre pour leur viande, et qu’on utilise pour notre bon plaisir de spectateur. Est-ce légitime de traiter les animaux de cette façon “en général”. Je suis d’accord que le sort qu’on réserve à ces animaux est cruel et inhumain, mais pourquoi serait-il plus éthique de traiter de la sorte les chevaux, les vaches, les poules et les cochons?
De plus, je trouve que la forme bien conventionnelle de ce documentaire est décevante. Je m’attendais à un film-choc, à être jetté en bas de ma chaise, mais ce ne fut pas le cas. Des longueurs et quelques entrevues un peu banales n’enlèvent rien à la pertinence du sujet, ni à l’importance de l’enquête menée par le cinéaste.
Crude est un documentaire à propos du prétrole et de la bataille judiciaire de familles équadoriennes empoisonnées par de grandes compagies pétrolières.
Est apparu cette semaine sur le web cette nouvelle vidéo qui présente l’impact des réseaux sociaux sur Internet. Plusieurs chiffres intéressants pour chasser les doutes des sceptiques de l’industrie du cinéma ou de la télévision au Québec.
Cette vidéo s’inscrit dans une mouvance et une ethétique de vidéos viraux où des données sont présentées de façon graphiquement dynamique, avec une musique entraînante, pour expliquer des phénomènes Internet. Voici quelques classiques:
Tout d’abord, à propos de Creative commons
À propos de la neutralité Internet
Cette superbe vidéo, du Vancouver film school, à propos des blogueurs iraniens:
La sortie américaine est le 14 aout. C’est une production de Zeitgest films. À propos du mouvement environnemental américain, et de la possible sauvegarde de la planète. Earth days
C’est à travers cet article du LA Times à propos du financement des films environnementaux que j’ai appris la sortie américaine de ce nouveau documentaire écologiste. C’est aussi dans cet article que j’ai découvert la sortie en septembre (aux É-U) de NO IMPACT MAN, un documentaire qui présente une famille qui tente de vivre une expérience de tenter de ne laisser aucune empreinte écologique. Beau défi, qui semble aussi amener son lot de redécouverte de la vie. Heureusement, on pourra sans doute les trouver intégralement sur le web.
Le documentaire FLOW nous présente la menace bien réelle de la disparition de l’accessibilité à cette ressource naturelle et essentielle à la vie: l’eau. L’or bleu sera l’objet de grandes batailles dans les années à venir, au même titre que le pétrole. Et c’est déjà commencé. Entre la surconsommation effrenée et la surexploitation par une poignée de multinationales avides de profit, les citoyens paient le prix. De l’Afrique où il est parfois difficile d’avoir un simple accès à de l’eau potable, à l’Inde où la mobilisation a réussi à faire reculer les grosses compagnies qui polluaient l’eau des villageois jusqu’au Michigan où les cours d’eau naturels sont drainés de manière démesurée: on assiste à la sourde menace de l’argent qui contrôle cette ressource vitale. À nous d’agir pour la protéger, et protéger les générations à venir. Contrairement au film “Home” ou aucne action concrète n’était attachée au film, “FLOW” encourage les citoyens à militer et signer une pétition pour faire ajoutter un article à la Déclaration universelle des droits de l’homme concernant l’accessibilité à de l’eau potable et gratuite pour tous les humains.
Article 31:
Everyone has the right to clean and accessible water, adequate for the health and well-being of the individual and family, and no one shall be deprived of such access or quality of water due to individual economic circumstance.
Portrait juste et touchant de l’activiste Ingrid Newkirk, présidente du groupe PETA pour la protection des animaux. Le film fait la lumière sur les pratiques parfois choquantes et très médiatiques utilisées par la plus importante organisation de protection des animaux. L’attitude et les pratiques mises en place par cette femme de conviction dérange. Mais ce qu’elle contribue à révéler depuis 25 est extrêmement dérangeant. Leurs actions d’éclat ont grandement contribué à faire avancer la cause, quoique ces détracteurs puissent en dire. En regardant le film, on ne peut que réfléchir à nos choix de société par rapport à notre lien aux animaux, aux élevages et à la façon dont notre système les traite comme des objets de consommation.
Réflexions
Je ne suis pas végétarienne. Mais moralement, j’ai toujours pensé que je devrais l’être - je ne parle pas ici de mes convicitons écologistes où il est évident que diminuer sa consommation de viande réduit notre empreinte sur la planète-. Mais je vis dans un système où il est moralement correct de consommer de la viande, un système qui a même élevé cette attitude au rang de raffinement depuis des siècles. Cela même amène une réflexion. Nous avons perdu tout contact avec la terre et les fermes d’où proviennent les nourritures que nous consommons. Les enfants sont surpris quand du sang se trouve sur une assiette de viande crue. Je dois alors réponde: “c’est normal, c’est un animal mort, il saigne”. Et quand on y pense vraiment, c’est déguelasse. Mais on arrive à un niveau d’abstraction si grand qu’on peut manger cette viande sans penser une seconde que cet animal a souffert, qu’il a eu peur et qu’il a cessé de jouir de la vie pour notre bon plaisir. De la même façon, on jette tous nos déchets à la poubelle en pensant qu’ils disparaissent de façon magique “pfffouuuiiissshhh” et nous n’en sommes plus responsables.
Effet documentaire
Ce film est efficace car il entre dans la vie d’Ingrid et nous la présente comme un être sensible et touchant, dont les valeurs et les convictions bousculent. Le film nous présente une personne intégre qui ne recule devant rien. Nous comprenons qu’elle utilise les médias comme levier et comme outil. On comprends aussi que ces fortes convictions ont fait d’elle un symbole de l’activisme extrême dont la plupart des gens veulent s’éloigner. Ce documentaire se rive à l’action et aux personnages pour nous présenter les situations concrètes du quotidien de l’organisme PETA, tout en greffant des éléments narratifs qui permettent de comprendre l’historique de PETA, à travers les voix des membres et détracteurs. Au final, l’oeuvre fait réflechir et entraînera sans doute certaines personnes à poser des gestes concrets afin de transformer notre société en un monde où règne davantage de compassion.
C’est sur la liberté tranquile de Patricia que j’ai découvert la bande-annonce du percutant documentaire Reporter, d’Eric Daniel Metzgar (dont le producteur exécutif est Ben Affleck). Ce film était en première à Sundance 2009.
C’est aussi Patricia qui m’a fait découvrir le site http://www.freedocumentaries.org - source très riche en documentaires politiques. Vous y trouverez les classiques de Michael Moore ou encore le très populaire “Super size me“. Bien que couvrant plusieurs régions du monde, plusieurs documentaires traitent de la politique américaine et de ses travers. Si vous le l’avez pas encore vu, ne manquez pas le choquant “Fog of war” (2004), bâti sur le troublant témoignage de Robert McNamara, secrétaire à la défence des États-Unis de 1961 à 1968.
Ce percutant documentaire est très élégament construit sur le fil rouge de la narration-témoignage de McNamara. L’utilisation judicieuse et bien dosée de la musique (que certains qualifieront peut-être de dramatisante) accompagne et ponctue le documentaire. Cette musique me rappelle la composition de Philip Glass pour Koyaaniqatsi.